DEFINITION DE FONCTIONS

Médecin coordonnateur
Psychologue
Kinésithérapeute
Infirmier(e)
Aide soignant(e)
MEDECIN COORDONNATEUR
Décret n° 2005-560 du 27 mai 2005

Art. D. 312-155-1. - Tout établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes relevant du 1 de l'article L. 313-12 doit se doter d'un médecin coordonnateur.

Art. D. 312-155-2. - Le médecin coordonnateur doit être titulaire d'un diplôme d'études spécialisées complémentaires de gériatrie ou de la capacité de gérontologie ou d'un diplôme d'université de médecin coordonnateur d'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes ou, à défaut, d'une attestation de formation continue.

L'attestation mentionnée à l'alinéa précédent est délivrée par des organismes formateurs agréés au sens du 2° de l'article L, 4133-2 du code de la santé publique, après une formation conforme à un programme pédagogique fixé par arrêté des ministres chargés de la santé et des personnes âgées.

Art. D. 312-155-3. - Sous la responsabilité et l'autorité administratives du responsable de l'établissement, le médecin coordonnateur :

1° Elabore, avec le concours de l'équipe soignante, le projet général de soins, s'intégrant dans le projet d'établissement, et coordonne et évalue sa mise en œuvre ;

2° Donne un avis sur les admissions des personnes à accueillir en veillant notamment à la compatibilité de leur état de santé avec les capacités de soins de l'institution ;

3° Organise la coordination des professionnels de santé salariés et libéraux exerçant dans l'établissement, A cet effet, il les réunit au moins une fois par an. Il informe le responsable de l'établissement des difficultés dont il a, le cas échéant, connaissance liées au dispositif de permanence des soins prévu aux articles R. 730 à R. 736 du code de la santé publique ;

4° Evalue et valide l'état de dépendance des résidents ;

5° Veille à l'application des bonnes pratiques gériatriques, y compris en cas de risques sanitaires exceptionnels, formule toute recommandation utile dans ce domaine et contribue à l'évaluation de la qualité des soins ;

6° Contribue auprès des professionnels de santé exerçant dans l'établissement à la bonne adaptation aux impératifs gériatriques des prescriptions de médicaments et des produits et prestations inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 165-1 du code de la sécurité sociale. A cette fin, il élabore une liste, par classes, des médicaments à utiliser préférentiellement, en collaboration avec les médecins traitants des résidents, et, le cas échéant, avec le pharmacien chargé de la gérance de la pharmacie à usage intérieur ou le pharmacien mentionné à l'article L. 5126-6 du code de la santé publique;

7° Contribue à la mise en œuvre d'une politique de formation et participe aux actions d'information des professionnels de santé exerçant dans l'établissement ;

8° Elabore un dossier type de soins ;

9° Etablit un rapport annuel d'activité médicale, retraçant notamment les modalités de prise en charge des soins et l'évolution de l'état de dépendance des résidents ;

10° Donne un avis sur le contenu et participe à la mise en œuvre de la ou des conventions conclues entre l'établissement et les établissements de santé au titre de la continuité des soins ainsi que sur le contenu et la mise en place, dans l'établissement, d'une organisation adaptée en cas de risques exceptionnels ;

11° Collabore à la mise en œuvre de réseaux gérontologiques coordonnés, d'autres formes de coordination prévues à l'article L. 312-7 du présent code et de réseaux de santé mentionnés à l'article L. 6321-1 du code de la santé publique.

Le médecin coordonnateur ne peut pas exercer la fonction de directeur de l'établissement.
PSYCHOLOGUE
L'une des grandes nouveautés de la réforme de la tarification des EHPAD est la place faite aux psychologues en établissements. Si le métier de "psychologue" n'apparaît qu'une fois dans l'arrêté du 26 avril 1999 (JO du 27 avril 1999), son annexe 1 fait référence à des actions ou des objectifs de qualité qui, dans l'intérêt des usagers, ne peuvent relever que de sa compétence. Le mot "psychologue" est également cité dans le décret du 4 mai 2001, dans le tableau relatif aux charges de personnel, et son coût imputé au tarif dépendance. La présence d'un psychologue est donc pour la première fois reconnue dans les maisons de retraite et ses domaines d'action définis : compétence vis-à-vis des résidents, de leur famille, du personnel et de l'institution.

Le psychologue et le résident
L'arrêté du 26 avril 1999 définit des objectifs à atteindre relatifs à la qualité de vie des résidents : "garantir à chaque résident... la plus grande autonomie. .. psychique possible dans le respect de ses choix et de ses attentes ; concilier une indispensable sécurité avec une nécessaire liberté, particulièrement pour les résidents présentant une détérioration intellectuelle ; organiser l'entrée du résident, veiller à ce que sa décision d'entrée soit pleinement éclairée ; mettre en oeuvre des activités à visée thérapeutique de type stimulation cognitive, en particulier pour !es résidents présentant une détérioration intellectuelle ; lors du décès, garantir la dignité de la personne et l'accompagnement du mourant".

Toutes ces attributions relèvent de la compétence du psychologue. Les personnes âgées vivant en EHPAD sont en effet fragiles et y finissent souvent leur vie. De plus, elles souffrent généralement de démence ou de maladies dégénératives des fonctions intellectuelles, et la dépendance et la proximité de la mort engendrent pour elles des souffrances qu'elles doivent verbaliser, Le psychologue est alors le meilleur interlocuteur pour les écouter. Sa place est essentielle pour la vie de la personne âgée en institution. Il peut dédramatiser l'entrée de la personne en établissement, l'aider à s'adapter à sa nouvelle vie, à faire le deuil de la précédente, établir un diagnostic de ses capacités psychiques, écouter son mal-être face au vieillissement ou au handicap, la soutenir chaque fois que nécessaire, mettre en place des ateliers mémoire, de stimulation, des groupes de parole, l'aider à se préparer à la mort et, si des liens de confiance se sont tissés, l'accompagner en fin de vie. Bref, il peut lui permettre de s'accepter et de vivre au mieux sa nouvelle vie, au sein de la maison de retraite. Le travail du psychologue est également important pour les familles, souvent en désarroi.

Le psychologue et la famille
Le cahier des charges évoque les attentes des familles. Il vise à :
• maintenir l'ensemble des liens familiaux et affectifs de la personne âgée avec son environnement social ;
• maintenir ou retrouver certaines relations sociales ;
• désigner, le cas échéant, un réfèrent familial et si possible, même en cas de conflits internes familiaux, envisager les modalités d'un éventuel accompagnement psychologique de la famille ;
• mettre au point une procédure institutionnelle permettant le respect du mort qui appartient à la famille ;
• associer et soutenir la famille du résident en fin de vie.

Ces attentes ne sont de la compétence ni des aides-soignantes, ni des infirmières, ni du médecin coordonnateur ; elles relèvent avant tout de la responsabilité du psychologue. Le psychologue en établissement n'a pas pour but de pratiquer une psychothérapie familiale, puisque seul le résident est l'objet de ses efforts. Mais il peut accompagner la famille tout au long du séjour, dans le but de faciliter l'intégration du résident ; de la déculpabiliser et de lui faire accepter l'entrée en établissement de leur parent ; d'aider à la résolution de conflits par la médiation et l'interprétation de messages contradictoires ; de permettre des groupes de parole entre les familles et l'institution afin de faciliter les échanges ; d'accompagner, si nécessaire, les familles au moment du décès. Dans sa mission, le psychologue pourra principalement renforcer la structure familiale durant le séjour en établissement.

Le psychologue et le personnel
Il existe désormais, avec l'arrêté du 26 avril 1999, une reconnaissance de la nécessité du soutien psychologique du personnel, compte tenu de l'état de dépendance physique et surtout psychique de la population accueillie comme du grand nombre de décès en établissement. La nécessité d'un travail en équipe avec le personnel externe à l'institution et/ou l'intervention d'un psychologue exerçant au sein de l'institution est également confortée. Ce rôle vis-à-vis du personnel peut prendre différentes formes.

Le psychologue peut expliquer la personne âgée au personnel, lui dire que, même dans la plus extrême déchéance, il y a un grand sens à respecter sa dignité, ses besoins et ses désirs, pour ce qu'elle est, comme ce qu'elle a été, et l'aider à prendre du recul sur ses problèmes professionnels quotidiens. Autant les personnes âgées sont souvent demandeuses d'écoute et de soutien, autant, s'agissant du personnel, il y a lieu de le faire adhérer à cette démarche nouvelle. Une étape intermédiaire pourrait être d'ouvrir l'établissement à des stagiaires psychologues en troisième cycle, afin que le personnel saisisse empiriquement l'intérêt de ce métier et prennent conscience de l'utilité, l'impartialité et le professionnalisme de l'étudiant en psychologie, futur psychologue.

Deux démarches, basées sur des techniques différentes, sont au service du personnel en établissement. La première, le groupe de parole, basée sur le volontariat, a pour but de permettre de faire partager, en toute confidentialité, un vécu commun et pesant. La seconde, le groupe d'examen de la pratique quotidienne, obligatoire, permet au personnel de réfléchir sur les problèmes quotidiens qui lui sont posés par les résidents.

Le psychologue peut également jouer un rôle de formateur du personnel par la mise en place régulière d'exposés ou de débats sur des thèmes liés à la psychologie des personnes âgées. A titre d'exemple les thèmes suivants peuvent être utilement proposés : les conditions du «bien vieillir», vieillesse et identité, la sexualité des personnes âgées, les routines, la mort et l'angoisse de mcrt, la perte de mémoire, les démences séniles, le travail de deuil et la dépression, les délires, les violences, l'agressivité, les régressions, les mots et les maux, la souffrance des patients/des soignants, les liens soignants/patients/familles....

Le psychologue et l'institution
On ne peut qu'établir un parallèle entre le cahier des charges et les compétences du psychologue. Les objectifs attendus des établissements, montrent à quel point le rôle du psychologue va importer, dans la qualité de la vie quotidienne. Son utilité n'est mesurée au demeurant, qu'à posteriori, en comparant la situation nouvelle, créée par sa présence, à la situation antérieure. Cette prise de conscience de la nécessité de l'accès des personnes âgées à la psychologie ouvre à ces professionnels un pan entier de la société à aider. Dans la mesure où la présence d'un psychologue est reconnue par les textes dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées, sa présence effective est un élément de valorisation de la structure. Elle démontre la démarche spécifique et innovante de la maison de retraite et sa volonté d'améliorer la prise en charge de la personne âgée et les conditions de travail du personnel (notamment para-médical) dans le cadre plus général de l'amélioration de la qualité formalisée par la réforme de la tarification.

L'exercice de la fonction de psychologue s'inscrit dans une logique institutionnelle et pluridisciplinaire et notamment dans le projet d'établissement. Le psychologue ne peut en effet espérer aider la personne âgée que dans le cadre d'un travail en équipe, avec le soutien de la famille et l'assentiment de l'institution. L’action du psychologue l'amènera à analyser les pratiques, voire à les remettre en cause. Cela doit être accepté par la structure. Le directeur d'établissement pourrait également être moins seul lorsqu'il doit faire face à des situations conflictuelles impliquant des personnels, des résidents ou des familles. Le psychologue pourra ainsi parfois désamorcer des conflits et aider le directeur à prendre le recul nécessaire.
KINESITHERAPEUTE
INFIRMIER(E)
Les infirmièr(e(s diplômé(e)s d'état veillent au confort des résidents et sont à leur écoute permanente. Ils organisent, analysent et évaluent les soins infirmiers soit sur prescription médicale, soit dans le cadre du rôle propre infirmier (Décret du 13/03/93). Ils conduisent des actions d'éducation, de formation, d'encadrement et de prévention en matière de santé, d'hygiène et de sécurité.
AIDE SOIGNANT(E)
Le métier d'Aide Soignant est défini réglementairement par le décret N° 89-241 du 18 avril 1989 modifié. Les Aides Soignants doivent être titulaires du diplôme professionnel d'Aide Soignant (ex CAFAS), du Certificat d'Aptitude aux Fonctions d'Aide Médico Psychologique, ou du diplôme professionnel d'Auxiliaire Puéricultrice (niveau V).
L'Aide Soignant contribue à une prise en charge globale des personnes, en liaison avec les autres intervenants au sein d'une équipe pluridisciplinaire, en milieu hospitalier ou extra-hospitalier, dans le secteur médical, social, ou médico-social. Au sein de cette équipe, il dispense, en collaboration et sous la responsabilité de l'infirmier, les soins visant à répondre aux besoins d'entretien et de continuité de la vie de l'être humain et à compenser partiellement un manque ou une diminution d'autonomie de la personne.

ACTIVITES

Collaborer aux soins
• Dispenser des soins d'hygiène et de confort :
      o Assurer le réveil et le lever des patients, faire la toilette (totale ou partielle), les changes, l'esthétique et l'habillage,
      o Accompagner les patients aux toilettes pour rééducation urinaire,
      o Masser les membres inférieurs pour soulager,
      o Aider à l'élimination,
• Participer à l'identification des besoins de la personne :
      o Observer et transmettre les informations sur l'évolution des signes cliniques du patient et donner l'alerte,
• Collaborer aux soins préventifs et curatifs :
      o Prendre la température, faire la pesée,
      o Prévenir les risques d'escarres,
      o Surveiller les selles,
      o Aider l'infirmier aux pansements,
      o Distribuer et aider à la prise de médicaments préparés par l'infirmier (si acte de la vie courante),
• Participer à la distribution des repas :
      o Aider certains patients à prendre leur repas,
      o Contrôler la prise des repas,
• Solliciter et stimuler au quotidien les différentes fonctions afin de conserver ou développer l'autonomie des patients lors de la toilette, de la prise de repas, de déplacements, ….)
• Participer à la prise en charge du corps en cas de décès :
      o Effectuer la toilette mortuaire et l'habillage,
      o Aider au transport du corps au dépositoire,
• Participer à la tenue des dossiers de soins :
      o Participer aux transmissions orales et écrites concernant le patient : aspects physique, psychique et social (fiche poids, de selles, suivi comportement, activités, …),
• Participer au projet de vie :
      o Collaborer au suivi de la démarche de soin (constat, objectifs, actions) et à l'évaluation de l'autonomie

Collaborer a la qualite du sejour
• Participer à l'accueil des patients et de leur famille :
      o Informer sur le fonctionnement de l'établissement (organisation, horaires, activités,..)
      o Répondre au téléphone et passer les communications à la personne concernée ou répondre en cas de renseignements simples demandés
• Répondre aux sollicitations des patients :
      o Gérer les angoisses face la mort, la solitude ou la maladie en rassurant les patients
      o Répondre aux sonnettes
      o Accompagner les patients dans leurs différents déplacements
• Assurer la sécurité et la protection du patient
• Mettre en place ou/et participer aux animations et activités occupationnelles : aide à la marche, coiffure, esthétique, jeux, gymnastique…
• Accompagner les patients à la fin de vie :
      o Apporter soutien et réconfort (présence, parole,...)
• Participer au soutien des familles en cas de décès :
      o Prévenir et accueillir
      o Répondre aux questions éventuelles

Assurer l'entretien courant des materiels et des locaux
• Assurer l'entretien de l'environnement direct et indirect du patient :
      o Faire le lit et changer la literie au besoin
      o Nettoyer la chambre (surfaces : lit, table de nuit, armoire)
      o Dresser le couvert et débarrasser les tables
      o Nettoyer les tables
      o Envoyer le linge sale à la lingerie, le récupérer et le ranger dans les armoires
• Préparer les chariots toilettes et repas
• Disposer le matériel nécessaire à la toilette des patients, aux repas et à l'entretien des chambres
• Préparer les chambres pour la visite de la famille lors d'un décès

Gerer les stocks et les approvisionnements
• Participer à la gestion des stocks des produits (incontinence et autres)
      o Assurer commandes et rangement

Participer a l'organisation interne
• Participer aux réunions de service
• Participer à la tenue du cahier de communication interne
• Gérer les communications téléphoniques et transmettre les appels
• Encadrer et participer à l'évaluation des stagiaires et des élèves aides soignants

RESULTATS ATTENDUS

• Assurer une vigilance continue et rigoureuse dans l'observation du patient
• Respecter les délais impartis pour chaque tâche (toilettes, repas…)
• Apporter des soins physiques et relationnels en fonction des besoins de chaque patient
• Observer tous types d'anomalies dans le comportement du patient et transmettre l'information
• Respecter le projet de soins et de vie de l'établissement
• Assurer une transmission d'informations écrites et orales fiable et ciblée
• Respecter le secret professionnel
• Respecter son domaine d'intervention
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